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Agrivoltaïsme. Ne détournons pas les terres agricoles de leur vocation

Publié le mardi 26 septembre 2023

France Nature Environnement Saône-et-Loire (FNE 71), association agréée défense de l’environnement, est favorable au développement des énergies renouvelables mais cependant défavorable à l’agrivoltaïsme, la priorité de l’utilisation des terres devant rester la souveraineté alimentaire.

Dans un communiqué du 29 novembre 2022 en partenariat avec la Confédération Paysanne de Saône et Loire, l’accent était également mis sur la non-artificialisation des sols, sur la sobriété énergétique, sur le besoin de produire localement pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Concernant le développement du photovoltaïque, FNE71 prône l’installation de panneaux sur le bâti existant, dans les zones artificialisées telles que les friches industrielles, les ombrières commerciales ou des réseaux routiers…. etc.

FNE 71 conteste la notion de « friches » agricoles qui servirait d’alibi pour ne pas prendre en compte la diversité de la faune hébergée. Il est impératif de soutenir partout la biodiversité en très fort déclin.

Plus précisément, dans le cas de l’Etude Préalable Agricole de l’installation d’une centrale solaire au sol au pied du Mont Dardon, sur la commune d’Uxeau, il s’agit d’occuper 36,1 hectares qui sont situés sur deux exploitations agricoles d’élevage. Les terres concernées sont soit disant de qualité médiocre mais elles servent de pâture à des bovins. Il n’est pour nous pas question de détourner des terres de leur fonction agricole actuelle au profit d’une production énergétique même accompagnée d’un élevage « cosmétique » d’ovins. « L’élevage n’est pas un sous-produit de la production d’énergie » (1) et l’introduction de « rentes énergétiques » concurrentielles mettrait à mal le fragile équilibre des exploitations agricoles. Ce n’est pas admissible. Bien au contraire, les agriculteurs ont besoin d’être soutenus dans leurs compétences agricoles pour s’adapter au bouleversement climatique.

Il est à noter que l’Etude Préalable Agricole a l’air de s’appuyer sur la charte du CDPENAF (commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers), mais elle en « oublie » le premier paragraphe qui propose de faire baisser le niveau de consommation foncière !

Sans même ajouter la prise en compte de l’atteinte au paysage que cela pourrait comporter, pour toutes ces raisons FNE71 est défavorable à l’implantation d’une centrale solaire au pied du Mont Darbon. Elle demande en outre que soient respectés les territoires ruraux en étudiant de manière concertée les futures installations solaires.

1 : source les ami.e.s de la confédération paysanne