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Chasses traditionnelles : FNE 71 répond.

Publié le samedi 18 septembre 2021

La ruralité, la faune et l’environnement n’appartiennent pas aux chasseurs : ils constituent avant tout un bien commun menacé à protéger.

« Les activités des chasseurs ont un impact positif sur la biodiversité » - « Soyons solidaires et motivés pour soutenir les chasses traditionnelles » écrit le Journal de Saône et Loire le 12/09/2021.

Peu après le Congrès de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui s’est tenu en France, à Marseille, qui a sonné un nouveau cri d’alarme pour la biodiversité en déclin, vous appelez égoïstement à manifester pour défendre vos privilèges, après un intense lobbying politique. Par vos méthodes de chasse, notamment en réclamant le maintien des chasses « traditionnelles » vous aggravez le déclin de la biodiversité. Vous endossez désormais le costume de délinquants piétinant les directives européennes protégeant des espèces en déclin, mettant la France en infraction. Paierez-vous les amendes ?

La vie quotidienne, les liens, la culture de la ruralité ne se limitent pas à la chasse : elle est même devenue une nuisance, voire un danger pour une majorité de citoyens pour lesquels l’usage et l’accès à la nature est désormais une soupape. Randonneurs, promeneurs, cueilleurs de champignons, usagers des voies vertes et bleues etc..veulent maintenant un droit à l’accès, à la sécurité, la tranquillité.

Il est devenu urgent et démocratiquement légitime de réguler les pratiques de chasse, en tenant compte des évolutions citoyennes, des besoins des populations rurales, mais surtout de considérer les nouvelles connaissances scientifiques de l’état de la biodiversité. Les chasseurs ne sont plus représentatifs de la population rurale : 70 % des chasseurs n’habitent plus en milieu rural ; 5 % sont des femmes ..(1).

En France, comme partout sur la planète, les populations d’oiseaux déclinent (moins 30 % en 30 ans). Ainsi, l’alouette, la grive, le pinson, l’ortolan, la tourterelle des bois sont des indicateurs d’une biodiversité en péril que vous allez aggraver. 88 % des français demandent l’arrêt de la chasse des oiseaux (2). 92 % de la population française est opposée à la vénerie sous terre (blaireau, renard…), à la chasse à courre, aux chasses non sélectives. Dont nous obtiendrons la suppression définitive parce qu’elles sont éthiquement périmées et condamnées.

Vous défendez des intérêts particuliers pour votre loisir ; nous défendons l’intérêt général d’une très large majorité pour la défense de la nature et de la biodiversité. Pour un partage proportionné, équitable, aux espaces naturels. Nous sommes la nature qui se défend, sans armes. Les pratiques de chasse actuelles ne sont plus adaptées aux enjeux du 21e siècle civilisé : l’urgence est climatique, sanitaire (liens entre pandémies et biodiversité).(3).

Par votre comportement, chasse et démocratie deviennent antinomiques. La décision purement électoraliste du Président de la république de légaliser des pratiques délictuelles va à l’encontre des diverses alertes scientifiques et des attentes des citoyens.

  • (1) Profil démographique des chasseurs – Etude IFOP u 1er sept 2020 
  • (2) Etude CNRS/MNRHN
  • (3) Dans son enquête – La fabrique des pandémies – la journaliste d’investigation Marie Monique ROBIN montre l’importance de s’attaquer aux causes des pandémies en protégeant la biodiversité, meilleur antidote pour réguler les maladies infectieuses encore inconnues

Pour FNE 71 - Le porte parole collégial T.GROSJEAN