Manifestations sur le terrain

COP 27 - Marche pour la justice climatique et sociale

Publié le lundi 7 novembre 2022

La Coalition COP 27  (dont ATTAC France) appelle les organisations de la société civile et les militants à se mobiliser à travers le monde le 12 novembre 2022 . FNE 71 y répond en co-organisant et participant aux deux marches pour la justice sociale et climatique dans les deux manifestations de Chalon-sur-Saône et Mâcon.

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La crise climatique tue de plus en plus mais le déni reste majoritaire

L’ONU et tous les scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Dans son dernier rapport, publié le 27 octobre, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) constate que nous allons vers un réchauffement de plus de 2,6 °C avant la fin du siècle. La COP 27 en Égypte (la prochaine au Qatar ?) confirmera que les États ne seront pas à la hauteur des défis d’ici à 2030. L’inertie politique des dirigeants des pays du G20, leur hypocrisie criminelle condamnent les générations futures de l’humanité. Ils savent, mais ne font rien. Pire : ils perpétuent les causes qui font que la planète ne sera plus vivable. Tous les voyants sanitaires sont au rouge : ceux de l’insécurité alimentaire, des pathologies infectieuses et autres maladies associées aux vagues de chaleur, aux élevages industriels ou ceux liés à une pollution atmosphérique croissante. Tous les systèmes de santé sont sous pression ; s’y ajoutent les effets sanitaires d’exploitation des industries fossiles (pétrole, charbon, cuivre, gaz de schiste, lithium…) et ceux du bruit. Ils compromettent la possibilité d’un environnement sain.

On parle de prise de conscience ? Elle est insuffisante, elle patine et entretient l’illusion

L’unanimité de façade des décideurs sur l’ampleur des crises (climatique, biodiversité, sociales, sanitaires, etc.) ne doit pas faire illusion. Les causes et les remèdes sont connus, comme les responsables, mais ces derniers s’accrochent plus que jamais à des modes de pensée, des idéologies, des systèmes institutionnels hérités d’une croissance capitaliste révolue et condamnée. Ces irresponsables restent « impunis ». Ce n’est pas l’écologie qui est punitive, c’est l’absence d’écologie. La transition n’est toujours pas sérieusement amorcée (on pompe l’eau des nappes pour arroser du maïs !). Les scénarios les plus récents du GIEC ne sont même pas pris en considération dans l’essentiel des politiques publiques.

La pire des illusions serait de faire croire que le nucléaire pourrait sauver le climat : il condamne la transition

Relancer la construction des réacteurs nucléaires EPR, au prétexte de la transition écologique, c’est aller à rebours de la réalité, c’est s’asseoir sur la démocratie. C’est vouloir faire oublier les risques accrus de probabilité de catastrophes d’ampleur planétaire en taisant que des régimes totalitaires possédant l’arme nucléaire sont prêts à faire des centrales civiles des cibles militaires. C’est ignorer la production de déchets radioactifs ingérables et la poursuite de scénarios-catastrophes pour une industrie mondialement obsolète, militarisée, usée. En France, EDF en faillite, sous perfusion financière publique, prétend mener jusqu’à 50 ou 60 ans ses anciens réacteurs dont plus de la moitié est hors d’usage. Alors que des centaines de milliards sont indispensables à la transition énergétique. Il est plus urgent d’avoir un vrai débat démocratique sur l’ensemble des enjeux liés à un choix toujours imposé, après des décennies de mensonges propagandistes des nucléocrates.

Se brancher sur la sobriété

Chaque geste compte, mais certains gestes comptent plus que d’autres, notamment quelques décisions politiques simples et urgentes prises à tous les niveaux :

  • Au rythme actuel de la lutte contre les passoires thermiques, il faudrait 2000 ans…
  • Eau : on arrête les mégabassines, aberrations hydrologiques.
  • Sortir du nucléaire, c’est possible et ça crée des emplois pour gérer la reconversion.
  • Passer à 100 km/h sur autoroute, moratoire sur les projets : effets immédiats…
  • Zéro artificialisation de terres agricoles ; bifurcation vers l’agroécologie…
  • Renouvelables : elles sont suffisantes pour faire la transition ; on sait faire des maisons passives.
  • Appliquer les lois protégeant encore l’environnement.
  • Agriculture, urbanisme : il va falloir changer les logiciels encore branchés sur la croissance et le gaspillage des ressources. Pour chaque problème, des solutions alternatives existent, ont fait leur preuve…

Mais surtout, tous ces gestes aujourd’hui hypocritement recommandés, il y a plus de 20 ans que nos dirigeants les connaissaient… mais ils les ont ignorés, craints, méprisés, combattus… Dans la grande majorité des projets privés ou publics encore cours, la prise en compte des enjeux liés au dérèglement climatique, à l’érosion massive de la biodiversité, à la santé publique sont passés par perte et surtout profits. Les décideurs et institutions responsables restent cantonnés à des modèles surannés, les conduisant à présenter les mêmes programmes, les mêmes financements, les mêmes projets d’aménagement des territoires, vaguement agrémentés d’une cosmétique ou vaseline politicienne. Le tout dans un recul permanent du droit de l’environnement et concernant particulièrement l’information et la participation effective du public aux décisions, pourtant garanti par la Charte constitutionnelle.

Notre département, notre région, illustrent cette situation de projets et travaux sans utilité publique avérée et/ou climato-incompatibles. Nous avons pu en éviter quelques-uns, mais…

  • l’élargissement de la RCEA, aggravant la pollution de l’air, massacrant la biodiversité, sans aucun bilan environnemental (carbone) et climatique existant,
  • les dessertes de Saôneor,
  • le projet ECLAT et l’agrandissement de l’usine type SEVESO Valspar à Tournus,
  • le projet du Pont de Fleurville,
  • le championnat de quads à Mâcon,
  • les bétonnisation dans l’urbanisme (Flacé ; Saint-Laurent-sur-Saône),
  • l’enquête publique concernant la STEF à Saint-Martin-Belle-Roche,
  • si on ajoute la pollution chronique par SOLVAY, c’est tout le Val de Saône qui est en danger,
  • le circuit de vitesse automobile à Sagy (Bresse),
  • la déliquescence programmée du ferroviaire en Bourgogne-Franche-Comté, la fermeture du guichet de la gare de Tournus, des menaces sur Chagny…
  • le projet Intex (Le Miroir),
  • etc. la liste est trop longue… Les recours juridiques sont coûteux et aléatoires et on ne peut encore pas créer des ZAD partout… Pendant que nos territoires sont menacés, la Macronie et ses complices nous font prendre ses vessies pour des lanternes de la transition :
  • Le tout-voiture électrique pour sortir de la dépendance au pétrole est un gag cosmétique sans avenir… Sans lithium, sans cuivre, sans composants, etc., c’est toute la mobilité qu’il faut revoir. L’avenir c’est moins de bagnoles, plus de transports en commun gratuits.
  • Des millions de passoires thermiques dans le parc immobilier.
  • Un milliard d’arbres, promet Macron, c’est bien une idée de banquier, alors que les coupes rases pour du bois du Morvan qui ira en Chine, le sabotage en cours de l’ONF, le manque de plants, les sécheresses récurrentes, rendent cette promesse ubuesque.
  • Des milliers de bassines pompant l’eau des nappes, asséchant les sols et les rivières, protégées par la police, pour arroser des cultures industrielles empoisonnées d’une petite minorité au détriment de la grande majorité des paysans…

La criminilasation des acteurs des luttes contre le dérèglement climatique ne sera pas la solution

Qui sont les véritables éco-terroristes, Monsieur Darmanin ? Les États, les banques, les multinationales, qui privilégient toujours les fossiles, l’agrochimie et la FNSEA, qui minent la santé et gaspillent l’eau avec des bassines géantes ? Ceux qui pratiquent l’inaction climatique en la planquant cyniquement derrière une pub « greenwashing » ? Ils sont et resteront responsables de millions de morts. Pas les écologistes. La Macronie et ses alliés ont choisi la répression et la criminalisation de la résistance civique contre les écologistes, les lanceurs d’alerte, les associations citoyennes plutôt que de s’en prendre aux véritables criminels, délinquants et voyous qui restent dans le déni climatique et menacent notre avenir immédiat et donc la sécurité publique. Oui, nous sommes et serons de plus en plus nombreux à soutenir les résistances non-violentes (contre la violence qui tue) et à promouvoir la désobéissance civile. La démocratie est un régime fragile qui doit garantir avant tout le droit de contester des décisions dangereuses pour sa survie. Nous introduisons un débat urgent et indispensable sur le légitime et l’illégitime. Le système, les idéologies et ceux qui veulent nous dénier ce droit par la répression le font parce qu’ils veulent maintenir le statu-quo et empêcher les transformations sociétales et économiques inéluctables. Nous ne les laisserons pas faire. La désobéissance est plurielle. Ceux qui y ont recours ne partagent pas forcément la même approche. Elle a comme objectif solidaire de mettre les responsables divers face à leur dilemme décisionnel.

Ici et ailleurs, maintenant nous ne devons plus rien lâcher !


Photo : Mat Napo